La pire bourde de ma carrière !
- Béryl
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La pire bourde de ma carrière !
Salut les cyborgs !
La bonne année et tout le tralala, c'était vraiment pas la peine, merci, car pour moi, l'année a commencé avec la plus grosse bourde (et je suis poli) de ma carrière.
Nous sommes en plein chantier : dans une partie de l'usine, certaines machines sont bougées, une neuve arrive, une vieille est démontée pour l'envoyer sur un autre site et une dernière l'est pour partir à la benne.
On me prévient que les armoires des deux dernières sont décâblées des machines et que si je veux récupérer du matos dans celle qui part à la benne, faut pas que je traine.
Il y a du lourd, dedans : CPU S7-400, variateurs, alim 24V/20A, bref de quoi remplir un peu plus mes étagères. Je traine pas, donc et commence à dépoiler tout ça au coupe-câble et à la pince coupante. Je tombe les 3 racks de l'automate qui pèsent un âne crevé. Bien, j'ai fait le plus dur.
C'est l'alim 24V qui me pose un problème : impossible de la déclipser de son rack. Je fais le tour et vais voir sur l'autre machine - sa jumelle - histoire de comparer. Et là, c'est le choc : plus d'alim. Je regarde à côté, plus d'automate, plus de var, plus grand chose.
Un collègue s'approche : "t'as vu ? Je t'ai avancé le boulot en commençant à démonter ce que tu voulais récupérer !"
Deux secondes. Ça a duré deux secondes, pas plus. Un moment où je me suis retrouvé tout seul, tout nu dans le cosmos, plus de son, plus d'image. Décomposé. Le collègue s'en aperçoit : "Oh, ça va pas ? T'es tout blanc !"
Les jambes en coton, j'ai failli tomber. Un genre de malaise vagal.
J'ai dépiauté la mauvaise machine, celle qui doit partir sur un autre site...
Bon, je fais court, c'est pas un roman, non plus !
La machine part lundi, pas le choix, je dois tout recâbler. Dans mon malheur, j'ai de la chance : la machine à benner, sa jumelle donc, a le même matos, au même endroit, avec les même repères (merci Sidel !)
Le collègue me donne un (sacré) coup de main. Il démonte les connecteurs des racks automate (qu'il n'avait pas coupés, LUI !) et me les amène avec leur câbles entiers et repérés.
Il me faudra une grosse journée et demie pour tout remonter.
Terminé hier soir. Ouf. J'espère n'avoir pas merdé dans le recâblage. Je n'ai aucun moyen de m'en assurer, car l'armoire est complètement déconnectée de tout.
Je vous joins une photo. Les connecteurs de chaque côté qui ressortent en blanc sont les E/S TOR, les gris, celles en ana (avec collier et vis de masse sur chaque câble !). Je vous fais grâce des câbles Profibus qui se voient à peine.
Voilà. 35 ans de carrière et je fais une connerie de stagiaire de 3ème.
Pas fier, le gars.
Et vous, histoire de me consoler, quelle a été votre pire bourde jusqu'à aujourd'hui ?
Voici la partie automate entièrement remontée ! :
La bonne année et tout le tralala, c'était vraiment pas la peine, merci, car pour moi, l'année a commencé avec la plus grosse bourde (et je suis poli) de ma carrière.
Nous sommes en plein chantier : dans une partie de l'usine, certaines machines sont bougées, une neuve arrive, une vieille est démontée pour l'envoyer sur un autre site et une dernière l'est pour partir à la benne.
On me prévient que les armoires des deux dernières sont décâblées des machines et que si je veux récupérer du matos dans celle qui part à la benne, faut pas que je traine.
Il y a du lourd, dedans : CPU S7-400, variateurs, alim 24V/20A, bref de quoi remplir un peu plus mes étagères. Je traine pas, donc et commence à dépoiler tout ça au coupe-câble et à la pince coupante. Je tombe les 3 racks de l'automate qui pèsent un âne crevé. Bien, j'ai fait le plus dur.
C'est l'alim 24V qui me pose un problème : impossible de la déclipser de son rack. Je fais le tour et vais voir sur l'autre machine - sa jumelle - histoire de comparer. Et là, c'est le choc : plus d'alim. Je regarde à côté, plus d'automate, plus de var, plus grand chose.
Un collègue s'approche : "t'as vu ? Je t'ai avancé le boulot en commençant à démonter ce que tu voulais récupérer !"
Deux secondes. Ça a duré deux secondes, pas plus. Un moment où je me suis retrouvé tout seul, tout nu dans le cosmos, plus de son, plus d'image. Décomposé. Le collègue s'en aperçoit : "Oh, ça va pas ? T'es tout blanc !"
Les jambes en coton, j'ai failli tomber. Un genre de malaise vagal.
J'ai dépiauté la mauvaise machine, celle qui doit partir sur un autre site...
Bon, je fais court, c'est pas un roman, non plus !
La machine part lundi, pas le choix, je dois tout recâbler. Dans mon malheur, j'ai de la chance : la machine à benner, sa jumelle donc, a le même matos, au même endroit, avec les même repères (merci Sidel !)
Le collègue me donne un (sacré) coup de main. Il démonte les connecteurs des racks automate (qu'il n'avait pas coupés, LUI !) et me les amène avec leur câbles entiers et repérés.
Il me faudra une grosse journée et demie pour tout remonter.
Terminé hier soir. Ouf. J'espère n'avoir pas merdé dans le recâblage. Je n'ai aucun moyen de m'en assurer, car l'armoire est complètement déconnectée de tout.
Je vous joins une photo. Les connecteurs de chaque côté qui ressortent en blanc sont les E/S TOR, les gris, celles en ana (avec collier et vis de masse sur chaque câble !). Je vous fais grâce des câbles Profibus qui se voient à peine.
Voilà. 35 ans de carrière et je fais une connerie de stagiaire de 3ème.
Pas fier, le gars.
Et vous, histoire de me consoler, quelle a été votre pire bourde jusqu'à aujourd'hui ?
Voici la partie automate entièrement remontée ! :
- itasoft
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Re: La pire bourde de ma carrière !
Rassure toi, ya une loi pour ça et on ne peut pas aller contre la loi
C’est loi de Murphy ;
1) Tout fil coupé à la bonne longueur s’avérera trop court.
2) si ya une chance sur deux de démonter la mauvaise armoire c’est elle qui sera démontée
ect……
ça nous arrive, moi j’avais envoyé le 380V sur le circuit 24Vcc , grillé tous les constituants qui étaient sur le continu
C’est loi de Murphy ;
1) Tout fil coupé à la bonne longueur s’avérera trop court.
2) si ya une chance sur deux de démonter la mauvaise armoire c’est elle qui sera démontée
ect……
ça nous arrive, moi j’avais envoyé le 380V sur le circuit 24Vcc , grillé tous les constituants qui étaient sur le continu
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itasoft@free.fr
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- Bernardo59
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Re: La pire bourde de ma carrière !
Salut Beryl,
Jolie boulette, pas mal pour un debut d'année !
J'ai fait la même boulette que toi il ya 2-3 ans, je devais remplacer un automate avec l'intégralité des embases Telefast.
Dans ma tête je me dis: "Ne te prends pas la tête biloute, coupe les cables au ras des cartes et balance tout à la benne!".
Je m'execute, car la station etait en mode dégradé et je n'avais que quelques jours avant que le taux de boue dans le clarificateur devienne critique.
Je remplace l'automate, les embases Telefast, tout va bien... L'exploitant vient me voir: "On peut remettre la centrif demain ? Ca urge!".
"Oui, oui pas de problème, je mets juste les cables des embases, on fait les essais et demain avant midi, c'est bon!".
En repositionnant les cables des embases, je remarque que je mettais trompé sur les références, impossible de faire marche arrière puisque j'avais coupé les cables au ras et que la benne etait deja partie à la déchetterie...
Grosse sueur puisque j'avais 3 cables Telefast avec des longueurs specifiques (15m), donc il fallait commander ça chez Schneider Electic en urgence.
L'exploitant est resté en mode dégradé quelqeus jours avant que tout redevienne dans l'ordre et le taux boues etait plus que critique.
Comme dit Itasoft: "Tout fil coupé à la bonne longueur s’avérera trop court.".
Jolie boulette, pas mal pour un debut d'année !
J'ai fait la même boulette que toi il ya 2-3 ans, je devais remplacer un automate avec l'intégralité des embases Telefast.
Dans ma tête je me dis: "Ne te prends pas la tête biloute, coupe les cables au ras des cartes et balance tout à la benne!".
Je m'execute, car la station etait en mode dégradé et je n'avais que quelques jours avant que le taux de boue dans le clarificateur devienne critique.
Je remplace l'automate, les embases Telefast, tout va bien... L'exploitant vient me voir: "On peut remettre la centrif demain ? Ca urge!".
"Oui, oui pas de problème, je mets juste les cables des embases, on fait les essais et demain avant midi, c'est bon!".
En repositionnant les cables des embases, je remarque que je mettais trompé sur les références, impossible de faire marche arrière puisque j'avais coupé les cables au ras et que la benne etait deja partie à la déchetterie...
Grosse sueur puisque j'avais 3 cables Telefast avec des longueurs specifiques (15m), donc il fallait commander ça chez Schneider Electic en urgence.
L'exploitant est resté en mode dégradé quelqeus jours avant que tout redevienne dans l'ordre et le taux boues etait plus que critique.
Comme dit Itasoft: "Tout fil coupé à la bonne longueur s’avérera trop court.".
- JC87
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Re: La pire bourde de ma carrière !
Bonjour,
Quand je fais ce genre de manip je ne fais jamais ça à la pince coupante, j'ai une sainte horreur de ça, j'appelle ça du travail de mécano
Je me suis fait chambrer plus d'une fois lorsque les collègues me voyait dévisser les bornes d'E/S une par une. De fait il ne m'est jamais arrivé ce genre de mésaventure
Par contre en phase d'essai j'ai cassé un paquet de trucs, surtout en début de carrière. J'ai souvenir d'un transtockeur gerbeur de plusieurs tonnes qui était parti comme une balle vers une destination impossible à atteindre et ou je n'avais programmé aucun contrôle de cohérence de position
On était en bout d'allée avec le client, à 100 mètres du premier ARU et on juste pu attendre en se crispant l'énorme "BOUM" quand l'engin a explosé la butée mécanique en bout d'allée opposée. Il a oscillé pendant une bonne minute mais il ne s'est pas décroché
On était en 95 et le bestiau qui avait été installé en 1976 n'avait jamais tapé. Inutile de dire que je me suis fait chambrer pendant des années par le client à chaque fois que j'intervenais sur cet engin
JC
Quand je fais ce genre de manip je ne fais jamais ça à la pince coupante, j'ai une sainte horreur de ça, j'appelle ça du travail de mécano
Je me suis fait chambrer plus d'une fois lorsque les collègues me voyait dévisser les bornes d'E/S une par une. De fait il ne m'est jamais arrivé ce genre de mésaventure
Par contre en phase d'essai j'ai cassé un paquet de trucs, surtout en début de carrière. J'ai souvenir d'un transtockeur gerbeur de plusieurs tonnes qui était parti comme une balle vers une destination impossible à atteindre et ou je n'avais programmé aucun contrôle de cohérence de position
On était en bout d'allée avec le client, à 100 mètres du premier ARU et on juste pu attendre en se crispant l'énorme "BOUM" quand l'engin a explosé la butée mécanique en bout d'allée opposée. Il a oscillé pendant une bonne minute mais il ne s'est pas décroché
On était en 95 et le bestiau qui avait été installé en 1976 n'avait jamais tapé. Inutile de dire que je me suis fait chambrer pendant des années par le client à chaque fois que j'intervenais sur cet engin
JC
"On veut faire du zéro défaut mais on a zéro bonhomme et zéro budget, et bien à la fin on a zéro résultat..."
Re: La pire bourde de ma carrière !
Hello,
Remplacer un contacteur de puissance sans consignation, s'en rendre compte quand 2 phases se touchent, avoir tout l'atelier en carafe et moi avec un gros point rouge au niveau de la vue.
Plus de peur que de mal, mais j'ai bien failli ne jamais écrire ses lignes... J'avais encore de la morve au nez à cette époque la, mais j'aurai pu ne jamais trouver le mouchoir...
Et meilleur vœux à tout le monde.
Remplacer un contacteur de puissance sans consignation, s'en rendre compte quand 2 phases se touchent, avoir tout l'atelier en carafe et moi avec un gros point rouge au niveau de la vue.
Plus de peur que de mal, mais j'ai bien failli ne jamais écrire ses lignes... J'avais encore de la morve au nez à cette époque la, mais j'aurai pu ne jamais trouver le mouchoir...
Et meilleur vœux à tout le monde.
"Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément." Nicolas Boileau
L'urgence, c'est fait!
L'impossible, c'est en cours!
Pour les miracles, il faut prévoir un délai!
L'urgence, c'est fait!
L'impossible, c'est en cours!
Pour les miracles, il faut prévoir un délai!
Re: La pire bourde de ma carrière !
Bonjour, en 42 ans de carrière, pas mal de boulettes bien sur ! Exemple : modifications sur un 115 siemens dans une usine de traitement de pommes de terre en Beauce. L'usine séparée en 2 , d'un côté calibrage, mise en palox, de l'autre coté du mur , lavage, stockage en trémie et balance mise en filets. Évidemment de l'armoire je ne vois pas tout! Modif pendant la pause, quand tout le monde revient du café, ça rigole, ça gueule un peu aussi surtout le chef. Bref un tas de patate énorme sur le sol, vu que j'ai merdé dans les aiguillages sur un des convoyeurs ... Succès assuré surtout dans ce milieu paysan ou la programmation reste quelque chose d'assez mystérieux mais bien trop cher !
Parti de rien pour arriver à pas grand chose, je n'ai de merci à donner à personne ( Pierre Dac)
- Béryl
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Re: La pire bourde de ma carrière !
Bin figure-toi que moi aussi, d'habitude, mais là j'avais le cul sur les braises, fallait pas trainer !
Mantysse a écrit : ↑07 janv. 2025, 15:36 Remplacer un contacteur de puissance sans consignation, s'en rendre compte quand 2 phases se touchent, avoir tout l'atelier en carafe et moi avec un gros point rouge au niveau de la vue.
Plus de peur que de mal, mais j'ai bien failli ne jamais écrire ses lignes... J'avais encore de la morve au nez à cette époque la, mais j'aurai pu ne jamais trouver le mouchoir...
- andala
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Re: La pire bourde de ma carrière !
A lire toutes vos bourdes, j'ai bien rit mais aussi bien sentis la détresse
La mienne moins grave (pour le moment) était un jour en pleine production, je faisait des essais sur une programmation, et je passe en stop un automate qui n’était pas encore connecté au réseau indus.
Quand tout a coup, un gars de la prod arrive en courant et me dis qu'il n'y a plus rien qui marche
. Ni une ni deux je retourne a mon PC et je remet en RUN car en fait, je n’étais pas sur la bonne page et du coup pas sur le bon automate.....
Même s'il n'ont jamais su pourquoi, ça a été formateur car maintenant je vérifie 50 fois que je suis sur le bon avant de STOP l'automate
La mienne moins grave (pour le moment) était un jour en pleine production, je faisait des essais sur une programmation, et je passe en stop un automate qui n’était pas encore connecté au réseau indus.
Quand tout a coup, un gars de la prod arrive en courant et me dis qu'il n'y a plus rien qui marche
Même s'il n'ont jamais su pourquoi, ça a été formateur car maintenant je vérifie 50 fois que je suis sur le bon avant de STOP l'automate
Une bonne action en entraine toujours une autre
Re: La pire bourde de ma carrière !
pas vraiment une bourde mais plutôt un baptême du feu.
Jeune débutant, je teste un contrôleur de débit d'air en soufflant dedans pour écouter claquer le relais et voir mon entrée basculer.
C'était sur une centrale de traitement d'air d'une salle de peinture d'avion.
Au moment où je souffle, j'entends le clic du relais et ..... toutes les ventilations s'arrêtent.
euh, dans la panique j'ai du aspirer pour voir si ça repartait.... sans succès.
je vois des peintres en combinaisons et masques débarquer en me demandant ce que j'avais foutu et si je connaissais le prix d'une peinture d'avion.
On voit rapidement qu'en fait tout le jus du bâtiment est tombé.
Pas de bol, au moment de mon test, un gars a arraché le câble d'alimentation du bâtiment avec une pelle mécanique.
25 ans après je m'en souviens encore
Jeune débutant, je teste un contrôleur de débit d'air en soufflant dedans pour écouter claquer le relais et voir mon entrée basculer.
C'était sur une centrale de traitement d'air d'une salle de peinture d'avion.
Au moment où je souffle, j'entends le clic du relais et ..... toutes les ventilations s'arrêtent.
euh, dans la panique j'ai du aspirer pour voir si ça repartait.... sans succès.
je vois des peintres en combinaisons et masques débarquer en me demandant ce que j'avais foutu et si je connaissais le prix d'une peinture d'avion.
On voit rapidement qu'en fait tout le jus du bâtiment est tombé.
Pas de bol, au moment de mon test, un gars a arraché le câble d'alimentation du bâtiment avec une pelle mécanique.
25 ans après je m'en souviens encore

